L’inhibition musculaire arthrogène (AMI) apparaît très rapidement après une chirurgie du genou, sous l’effet de l’épanchement articulaire et de l’inflammation. Cette diminution réflexe de l’activation volontaire du quadriceps constitue l’un des principaux freins à la récupération fonctionnelle. Dans cette revue, l’auteur synthétise les données disponibles concernant les interventions mises en œuvre au cours des deux premières semaines postopératoires, une période aujourd’hui considérée comme essentielle pour limiter l’installation durable des déficits neuromusculaires.
Les études analysées montrent que la récupération précoce de l’activation du quadriceps influence largement les performances fonctionnelles ultérieures. Les recommandations actuelles placent ainsi l’activation volontaire du quadriceps comme objectif prioritaire dès les premières semaines après une reconstruction du ligament croisé antérieur. Parmi les différentes stratégies étudiées, la stimulation électrique neuromusculaire (NMES) bénéficie du niveau de preuve le plus élevé lorsqu’elle est instaurée précocement. Le biofeedback électromyographique améliore également l’activation musculaire, tandis que les exercices isométriques restent la base de la rééducation malgré l’absence d’outil permettant de vérifier leur bonne réalisation à domicile. En revanche, les exercices avec restriction du flux sanguin (BFR) ne montrent pas de bénéfice au cours de cette phase très précoce.
La revue souligne également que certains facteurs présents avant l’opération, comme une faiblesse initiale du quadriceps, un âge plus élevé, un indice de masse corporelle important ou un faible niveau d’activité physique, augmentent le risque d’une récupération plus lente. Les auteurs insistent donc sur la nécessité d’adapter la prise en charge dès les premiers jours en fonction du profil de chaque patient. Ils rappellent enfin qu’aucune méthode actuellement disponible ne réunit à elle seule toutes les caractéristiques idéales : activation volontaire, correction de l’AMI, suivi objectif des performances, utilisation à domicile et progression des exercices.
Cette synthèse renforce l’idée que la rééducation ne doit pas seulement viser le renforcement musculaire, mais également la restauration du contrôle neuromusculaire dès les premiers jours suivant la chirurgie.
Cette approche est cohérente avec la Thérapie Galmeon, dont l’objectif est de favoriser une réactivation précoce des réseaux moteurs grâce à la synchronisation entre stimulation sensorielle et imagerie motrice, afin d’accompagner la récupération de l’activation volontaire du quadriceps pendant cette période particulièrement déterminante.
DOI : 10.3390/jcm15134903 – Auteurs : Alfayyadh 2025
