Traitement de la sciatique chronique : quelles sont les solutions ?

Une sciatique devient chronique quand la douleur dure au-delà de 3 mois ou revient par crises répétées. Au départ, on trouve le plus souvent une hernie discale ou un rétrécissement du canal lombaire qui comprime une racine nerveuse. Ce qui la fait durer tient souvent à autre chose : l’inactivité, la peur de bouger et des compensations de posture et de mouvement qui s’installent pour éviter la douleur. Le traitement associe donc le soulagement de la douleur et une rééducation qui remet le corps en mouvement.

À retenir
On parle de sciatique chronique au-delà de 3 mois de douleur.La cause la plus fréquente est la hernie discale. Après 50 ans, la sténose du canal lombaire et l’arthrose lombaire prennent le relais.Rester actif aide à guérir. Le repos au lit prolongé ralentit la récupération.Le traitement combine antalgiques, kinésithérapie et activité physique adaptée. La chirurgie reste un dernier recours, sauf urgence.Consultez en urgence en cas de faiblesse de la jambe, de troubles urinaires ou de perte de sensibilité entre les cuisses.

Les différents types de sciatique et leur prise en charge

Les sciatiques peuvent varier en fonction de la cause et de l’évolution de la compression du nerf sciatique. Voici un aperçu des principaux types qui existent :

  • Sciatique aiguë et sciatique chronique invalidante : la sciatique aiguë apparaît souvent de façon soudaine. Généralement causée par une hernie discale ou une autre compression temporaire des racines nerveuses, elle se résout en quelques semaines. La sciatique chronique, en revanche, peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Elle peut également devenir invalidante pour le patient qui en souffre lorsque la douleur constante affecte sérieusement sa mobilité et sa qualité de vie. La sciatique chronique invalidante est souvent liée à des pathologies dégénératives comme la sténose foraminale ou le rétrécissement du canal lombaire, qui compriment progressivement le nerf sciatique. Elle peut aussi persister après une hernie discale en voie de guérison, quand la douleur s’entretient d’elle-même.
  • Sciatique à bascule : cette forme de sciatique se caractérise par une alternance de la douleur ressentie dans les deux jambes, mais rarement en même temps. Elle survient lorsqu’une instabilité de la colonne vertébrale est détectée (comme une scoliose) qui fait basculer la douleur d’une jambe à l’autre en fonction des postures ou des mouvements. Ce type de sciatique est plus rare et nécessite une prise en charge spécifique pour stabiliser la colonne.
  • Sciatique paralysante : cette forme, plus sévère, implique une faiblesse musculaire ou même une paralysie partielle de la jambe affectée, avec une perte d’amplitude de certains mouvements. Elle peut résulter d’une compression intense du nerf sciatique, nécessitant une intervention rapide pour éviter certains dommages plus durables.
  • Sciatique hyperalgique : Ce type de sciatique est déterminé par une forte douleur qui n’est pas soulagée par les traitements antalgiques classiques. Elle peut indiquer une compression sévère ou des troubles nerveux importants. Elle requiert souvent des solutions de prise en charge plus avancées, comme des infiltrations ou même une chirurgie.
  • Sciatique lombaire : cette sciatique est la plus fréquemment observée et est souvent associée à des douleurs lombaires. En raison de la proximité de la région lombaire et des racines nerveuses qui forment le nerf sciatique, une compression lombaire (comme une hernie discale) déclenche des douleurs irradiant dans la jambe, avec une intensité variable. On parle de « lombosciatique » lorsque le bas du dos est également douloureux.
  • Sciatique par traction : contrairement à la compression du nerf, la sciatique par traction survient lorsque le nerf est étiré ou sollicité de manière anormale. Elle peut survenir à la suite d’un traumatisme ou d’une activité physique intense. Ce type de sciatique peut entraîner des douleurs ressenties au moment de l’étirement du nerf, par exemple lors de certaines postures ou de la réalisation de mouvements d’extension de la jambe.
  • Sciatique par syndrome du piriforme : bien que moins fréquente, cette forme est causée par la compression du nerf sciatique par le muscle piriforme, situé dans la fesse. Les symptômes sont similaires à ceux d’une sciatique classique, mais la douleur est plus localisée autour de la fesse et de la hanche. Ce syndrome est souvent associé à des postures prolongées en position assise et nécessite une prise en charge spécifique pour soulager le muscle piriforme et réduire la pression sur le nerf sciatique.
  • Sciatique post-traumatique : cette forme de sciatique se développe en général à la suite d’un traumatisme physique qui provoque une compression du nerf sciatique. Elle peut entraîner des douleurs persistantes et nécessite souvent des approches pluridisciplinaires, comme la rééducation fonctionnelle, pour limiter les séquelles.

Pourquoi une sciatique devient-elle chronique ?

Une sciatique qui ne passe pas a rarement une seule explication. Trois facteurs se combinent le plus souvent.

Une cause physique qui persiste

Tant que la compression du nerf sciatique reste présente, la douleur revient. C’est le cas d’une hernie discale volumineuse ou récidivante, d’une sténose du canal lombaire, d’une arthrose lombaire ou, plus rarement, d’un syndrome du piriforme. Un bilan médical, parfois complété par une IRM, permet d’identifier la cause.

L’inactivité et la peur de bouger

Face à la douleur, on bouge moins. Les muscles du dos et des hanches perdent de la force, la raideur s’installe et chaque effort devient plus pénible. Cette spirale entretient la douleur persistante bien au-delà de la lésion de départ. C’est pour cette raison que les recommandations françaises sur le mal de dos insistent sur un point : rester actif.

Des compensations qui deviennent automatiques

Pour éviter d’avoir mal, le corps change sa façon de marcher, de s’asseoir ou de se pencher : jambe épargnée, bassin qui bascule, boiterie. Avec le temps, ces compensations deviennent des automatismes. Elles continuent de charger le dos et la jambe même quand la cause initiale s’est apaisée, et favorisent la rechute.

Quels sont les symptômes d’une sciatique chronique ?

Les symptômes sont ceux d’une sciatique classique, mais ils durent ou reviennent :

  • une douleur qui part du bas du dos ou de la fesse et descend à l’arrière de la cuisse, parfois jusqu’au pied ;
  • des engourdissements ou des fourmillements dans la jambe ;
  • une douleur aggravée par la position assise prolongée ;
  • une alternance de périodes calmes et de crises ;
  • une fatigue et un sommeil perturbés par la douleur.
Quand consulter en urgence ?Certains signes imposent de consulter sans attendre, car ils peuvent traduire une sciatique paralysante ou un syndrome de la queue de cheval :une faiblesse ou une paralysie de la jambe ou du pied (le pied « tombe ») ;des troubles pour uriner ou aller à la selle ;une perte de sensibilité entre les cuisses ou autour de l’anus ;une douleur violente qu’aucun antalgique ne soulage.

Comment soigner une sciatique chronique ?

Il n’existe pas de traitement unique. La prise en charge d’une sciatique chronique associe le plus souvent trois leviers : calmer la douleur, remettre le corps en mouvement, et traiter la cause quand elle le justifie.

Pour soulager une douleur sciatique, un médecin peut être à même de vous prescrire un traitement médicamenteux à base d’antalgiques (comme le paracétamol). Si toutefois ce premier traitement de sciatique ne suffit pas à améliorer les symptômes, il vous sera peut-être prescrit des médicaments plus intenses (comme une association entre du paracétamol et de la codéine ou du tramadol, par exemple).

Certains anti-inflammatoires non stéroïdiens actifs peuvent également être recommandés pour calmer les inflammations aiguës du nerf sciatique. En revanche, ce type de médicaments ne peut être prescrit que si le patient ne présente pas de contre-indications et sur une durée de 5 jours maximum. Si la douleur résiste, le médecin peut proposer une infiltration de corticoïdes au plus près de la racine nerveuse.

Enfin, sachez qu’une fois les douleurs traitées, votre médecin peut également être amené à vous prescrire des séances de kinésithérapie ou d’ostéopathie, dont les bienfaits sont d’ores et déjà reconnus dans le cadre du traitement de la sciatique, comme nous le découvrirons un peu plus loin dans cet article.

Rester actif : l’activité physique adaptée

La marche, le vélo ou la natation, pratiqués à un rythme qui ne réveille pas la douleur, entretiennent la mobilité du dos et la force des muscles. L’idée est de commencer court et d’allonger progressivement. Une activité physique adaptée régulière réduit aussi le risque de rechute.

Traitement de la sciatique et opération chirurgicale

Dans certains cas extrêmes où la sciatalgie devient persistante et handicapante au quotidien, il est recommandé de se rapprocher d’un chirurgien pour envisager une opération.

En effet, en fonction de la situation et après un examen complet, un chirurgien peut décider de procéder à une opération de l’hernie discale. Celle-ci consiste à retirer l’hernie et nettoyer le disque intervertébral. Ce type de chirurgie peut s’avérer être urgent, notamment si le patient est sujet à une paralysie ou dans le cas d’une sciatique très longue et/ou extrêmement douloureuse.

Quels sont les moyens de rééducation pour traiter une sciatique ?

Dans le cadre du traitement de la sciatique, des séances de kinésithérapie peuvent s’avérer être tout à fait bénéfiques pour le patient. Souvent prescrite après avoir neutralisé la douleur, la réalisation d’exercices adaptés permet de soulager les symptômes et de prévenir aussi une éventuelle rechute.

L’objectif premier d’un kinésithérapeute sera de préciser le diagnostic préalablement émis par le médecin, notamment en questionnant le patient sur son mode de vie (postures, pratiques sportives, etc.) et en examinant sa colonne vertébrale.

S’il le juge nécessaire, le kinésithérapeute peut également être en mesure de mettre en pratique différentes méthodes pour traiter la sciatique de manière efficace. Quand la sciatique s’accompagne d’un mal de dos ancien, la prise en charge du dos et du tronc doit être pensée dans son ensemble. Et si les progrès stagnent malgré des séances régulières, ce blocage en rééducation a souvent une composante neuromotrice.

Le saviez-vous ? Le mouvement reste un facteur essentiel dans la guérison d’une sciatique. Si la douleur n’est pas trop importante, nous vous recommandons vivement de pratiquer une activité douce et d’effectuer des étirements pour accélérer le traitement de votre sciatique.

La thérapie Galmeon face à une sciatique chronique

Quand une sciatique dure, la douleur n’est pas seule en cause : le cerveau a appris à bouger autrement pour se protéger. La rééducation classique s’attaque rarement à cette dimension, alors qu’elle pèse lourd dans les compensations qui entretiennent la douleur. Or, la thérapie Galmeon peut s’avérer particulièrement pertinente pour améliorer la compréhension d’un geste précis, en incitant le cerveau à visualiser le mouvement.

La thérapie Galmeon repose sur un travail liant l’imagerie mentale à l’identification proprioceptive du geste défini par une stimulation plurisensorielle (via des sons de basse fréquence émis par un dispositif médical breveté, Galmeon Wave). Ces séquences de sons permettent de synchroniser les ondes cérébrales au rythme d’hypovigilance, rythme propice à l’apprentissage moteur en visualisation***.

L’intérêt de la thérapie Galmeon réside dans la réactivation des muscles stabilisateurs, pour permettre de retrouver une bonne gestuelle et une certaine fluidité dans le mouvement. Pour ce faire, le praticien sera amené à réaliser un bilan clinique précis, notamment à l’aide d’une vidéo qui permettra d’analyser la biomécanique et d’expliquer concrètement au patient quels sont les points à travailler. La thérapie Galmeon ne remplace pas le traitement médical de la cause. Elle intervient en complément, pour lever les inhibitions motrices et les compensations qui entretiennent la douleur. Pour savoir concrètement à quoi vous attendre, voici comment se déroule une séance Galmeon.

Nous espérons que ces quelques informations au sujet du traitement de la sciatique vous seront utiles. N’hésitez pas à prendre contact avec un praticien certifié Galmeon pour obtenir plus d’informations au sujet de notre thérapie de reprogrammation neuromotrice.

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FAQ

Qu’est-ce qu’une sciatique ?

La douleur sciatique, aussi connue sous le nom de névralgie du nerf sciatique, est liée aux deux nerfs sciatiques qui relient les dernières vertèbres lombaires et les vertèbres sacrées (situées dans la région pelvienne).

Ces nerfs sont parmi les plus volumineux du corps humain et se prolongent dans la jambe, jusqu’aux orteils. Leur fonction motrice est principalement en lien avec la flexion de la jambe et du pied. Leur territoire sensitif s’étend sur la face postéro-latérale de la jambe et l’ensemble du pied*. Lorsqu’un patient souffre d’une sciatique, cela signifie que l’un de ces deux nerfs peut être comprimé, enflammé ou lésé.

Les causes de la sciatique peuvent être diverses : fracture, infection du rachis, inflammation du nerf sciatique… Toutefois, la principale cause identifiée dans le cadre d’une névralgie du nerf sciatique demeure l’hernie discale. Cette pathologie résulte d’une lésion à la colonne vertébrale et, plus particulièrement, d’une saillie d’un disque intervertébral. Dans ce cas de figure, le noyau gélatineux du disque se répand alors et peut venir comprimer l’une des racines du nerf sciatique, engendrant ainsi une vive douleur.

Le saviez-vous ?La sciatique peut aussi prendre une forme dégénérative (arthrose, rétrécissement canalaire) ou traumatique. Dans ces derniers cas, elle peut alors provoquer des sensations d’engourdissement, de faiblesse musculaire, voire une paralysie.

Quels sont les symptômes d’une sciatique ?

La sciatique est une pathologie douloureuse, particulièrement handicapante pour la personne qui en souffre. Elle toucherait environ 2 % de la population française, soit plus de 1,3 million de personnes**.

Ce type de trouble se traduit par une douleur vive partant du bas du dos ou de la fesse pour se prolonger dans l’arrière de la cuisse, parfois même jusqu’au pied. Dans de rares cas, la douleur peut également toucher le devant ou le côté de la cuisse, ce qui peut alors être synonyme d’une irritation du nerf crural.

Les patients atteints de sciatique décrivent en général une douleur plus prononcée en position assise ou debout, qui peut être soulagée en position allongée. A noter également qu’une douleur sciatique touche en général une jambe sur deux. Cependant, dans le cas d’une sciatique à bascule, la sensation peut passer d’une jambe à l’autre.

Enfin, sachez que, bien souvent, les douleurs lombaires et la sciatique sont liées. Dans ce cas précis, il s’agit alors d’une lombosciatique, qui demeure aujourd’hui la forme la plus courante de sciatique observée.

Combien de temps peut durer une sciatique ?

La durée d’une sciatique dépend en premier lieu de sa nature. En effet, il existe deux types de sciatiques différents :

  • la sciatique aiguë ;
  • la sciatique chronique.

La sciatique aiguë est un syndrome passager qui peut durer quelques jours, voire quelques semaines avant de disparaître naturellement. La sciatique chronique peut, quant à elle, provoquer des douleurs régulières et se prolonger sur le long terme. On parle de sciatique chronique quand la douleur dépasse 3 mois.

Si vous ressentez une douleur au niveau du nerf sciatique, nous vous recommandons de consulter un professionnel de santé (médecin ou kinésithérapeute) pour obtenir un diagnostic plus précis.

Une sciatique peut-elle durer des années ?

Oui, certaines sciatiques chroniques persistent plusieurs années, surtout quand la compression est d’origine dégénérative (sténose du canal lombaire, arthrose lombaire) ou quand des compensations se sont installées. Une prise en charge adaptée permet toutefois, dans bien des cas, de réduire la douleur et de reprendre ses activités.

Faut-il marcher avec une sciatique ?

Oui, dans la limite de la douleur. La marche entretient la mobilité du dos et limite la perte de force musculaire. Commencez par des sorties courtes et allongez-les peu à peu. Si la marche déclenche une douleur qui s’aggrave ou une faiblesse de la jambe, parlez-en à votre médecin.

Quelle est la cause d’une sciatique qui persiste ?

Le plus souvent, une compression du nerf sciatique qui ne se résorbe pas (hernie discale, sténose du canal lombaire, arthrose lombaire), à laquelle s’ajoutent l’inactivité et des compensations de mouvement. Pour le détail, voir plus haut : « Pourquoi une sciatique devient-elle chronique ? ».

*Kamina (2009), Anatomie clinique 4ème édition, Ed. Maloine, pp.532-536

**VIDAL RECOS (11/2016), Lombosciatiques aiguës commune

***Neuper, C., Scherer, R., Reiner, M., and Pfurtscheller, G. (2005). Imagery of motor actions: differential effects of kinesthetic and visual-motor mode of imagery in single-trial EEG. Brain Res Cogn Brain Res., 25, 668-77.

Ameli, « Sciatique : comment être soulagé(e) et quand consulter ? »

HAS (2019), Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune