Après une reconstruction du ligament croisĂ© antĂ©rieur (LCA), retrouver sa force ne suffit pas toujours pour retrouver un fonctionnement normal du genou. De nombreux patients prĂ©sentent une inhibition motrice arthrogĂ©nique (AMI), qui limite l’activation du quadriceps malgrĂ© une cicatrisation satisfaisante. Cette altĂ©ration du contrĂ´le neuromusculaire peut persister plusieurs mois après l’opĂ©ration, favoriser les compensations motrices et augmenter le risque de nouvelle blessure ou d’arthrose prĂ©coce.
Dans cette revue systĂ©matique, les auteurs analysent les rĂ©sultats de neuf essais contrĂ´lĂ©s randomisĂ©s afin d’identifier quelles stratĂ©gies de rééducation permettent rĂ©ellement d’amĂ©liorer l’activation musculaire et le contrĂ´le du mouvement après une reconstruction du LCA.
Les rĂ©sultats montrent qu’aucune approche ne constitue une solution universelle, mais que plusieurs interventions semblent intĂ©ressantes selon le stade de rĂ©cupĂ©ration. En dĂ©but de rééducation, lorsque le quadriceps est fortement inhibĂ©, certaines stratĂ©gies comme l’entraĂ®nement sous restriction du flux sanguin (BFRT) rĂ©alisĂ© avant l’opĂ©ration, les vibrations musculaires ou encore le cross-education (travail du membre sain pour stimuler le membre opĂ©rĂ©) semblent limiter l’AMI et prĂ©server les capacitĂ©s neuromusculaires.
Ă€ un stade plus avancĂ©, les exercices pliomĂ©triques et le travail proprioceptif en milieu aquatique apparaissent plus efficaces pour amĂ©liorer la qualitĂ© des mouvements, diminuer les co-contractions excessives entre quadriceps et ischio-jambiers et restaurer un meilleur contrĂ´le moteur. En revanche, plusieurs techniques ne sont aujourd’hui soutenues que par une ou deux Ă©tudes, ce qui invite Ă interprĂ©ter ces rĂ©sultats avec prudence.
Un message important de cette revue est que la rééducation ne devrait plus se limiter au renforcement musculaire. Les auteurs rappellent que les mesures Ă©lectromyographiques (EMG) mettent en Ă©vidence des dĂ©ficits d’activation qui persistent parfois malgrĂ© un gain de force.
Restaurer le contrĂ´le neuromusculaire devient donc un objectif Ă part entière, afin d‘amĂ©liorer la qualitĂ© des mouvements, de rĂ©duire les compensations et, potentiellement, de diminuer le risque de rĂ©cidive lors du retour au sport. Ils proposent ainsi une rééducation progressive, adaptĂ©e aux diffĂ©rentes phases de rĂ©cupĂ©ration, oĂą les exercices Ă©voluent en fonction des capacitĂ©s neuromusculaires du patient plutĂ´t que du seul calendrier postopĂ©ratoire.
Cette approche rejoint directement la philosophie de la ThĂ©rapie Galmeon. En ciblant prĂ©cocement les mĂ©canismes neurologiques impliquĂ©s dans l’AMI grâce Ă l’imagerie motrice et Ă la stimulation auditive, Galmeon peut constituer un complĂ©ment intĂ©ressant aux exercices conventionnels. L’objectif n’est pas seulement de renforcer le quadriceps, mais surtout de restaurer une activation musculaire plus efficace afin d’optimiser ensuite les bĂ©nĂ©fices du travail fonctionnel et de faciliter un retour au sport dans de meilleures conditions.
Veille réalisée par Dr Typhanie DOS ANJOS
Auteurs :Â Kang et al. 2026
DOI :Â 10.1142/S1013702526500083